l'Art Galerie

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Germain Lanha remet le compteur à zéro avec "Désillusion"

Après l’époque, le miroir et “fermer”, l’artiste Photographe Germain Lanha revient avec la thématique : ” Désillusion” pour certainement remettre le compteur à zéro. Oui après un vernissage sans précédent vendredi dernier, c’est parti pour deux mois d’exposition (du 25 février au 30 avril prochain) pour la visite des belles œuvres, griffes de Germain Lanha, Éric Mededa, Ulrich Gbaguidi, Bénie Quenum,  Vanessa Manta et Anne-Marie Akplogan. 

Tout est super dans une salle qui est désormais le carrefour des jolis tableaux et images. Lorsque vous finissez le dernier  escalier qui mène à l’Art Galerie, vous n’avez pas besoin de franchir la porte d’entrer avant d’être traumatiser par le mur d’en face. Oui vous êtes foudroyé par la Traumatophobie de l’artiste plasticienne venue du Congo Brazzaville, Vanessa Manta. “Violence, Microbe, agressive, dépression, noir, antisocial, criminalité…”. 

Ce sont là, quelques mots qui vous accueille et vous désillusion dans cette galerie d’images où les belles images (la liberté en cage, les censures avec tomber ou éveiller) griffées Germain Lanha, les tableaux Nukoun Hounhoun, Aliglonou et Kanchicha de Anne Marie Akplogan, ceux de Eric Mededa avec la collection Vodun dance à la voix du silence de Ulrich Gbaguidi.

Il y a de quoi nourrir les yeux avec les tableaux esclavage, agriculture, coiffure Atin de Bénie Quenum…Les expositions à l’Art Galerie ne se racontent pas. Elle se vit. Faites y un tour et vous allez vous désillusionner.

” Nous sommes là pour tout désillusionner”

Après le flamboyant vernissage du vendredi dernier, Germain Lanha a accepté de répondre à nos questions pour mieux expliquer le choix de la thématique : désillusion. Il a profité de l’occasion pour apprécier l’exposition des trésors royaux qui se déroulent actuellement au Palais de la République. 

Germain Lanha, parlez-nous de la thématique de cette exposition?

Nous avons quitté “l’époque”, nous sommes venu devant le “Miroir” pour “Fermer” après et maintenant, on désillusionne tout. Nous sommes là pour désillusionner tout ici à l’Art Galerie. C’est important parce que la désillusion aujourd’hui, c’est pour dire qu’en ce mois de février,  nous sommes en train de fêter le retour des trésors royaux. Depuis des centaines d’années, ils sont revenus sur la terre de leurs aïeux. Mais pas tous. Ce qui voudra dire qu’il y a encore la mainmise sur nos richesses. Ce que j’ai abordé comme thématique, c’est une sorte de liberté, une sorte de demande, de réveil de l’Afrique. L’Afrique doit se réveiller, l’Afrique doit se désillusionner. Il faut que nous quittons cette illusion qui nous arrière. D’où on a rassemblé six artistes qui ont créé 18 œuvres dans cette thématique pour mieux décrire certaines désillusions. 

Pourquoi avoir choisi cette période qui coïncide avec l’exposition des trésors royaux au Palais Royal?

Il y a pas que Cotonou qui expose et qui fête l’arrivée des œuvres. Abomey-Calavi aussi est en fête avec l’Art Galerie. Le retour des œuvres est une fête de l’Afrique pas pour le Benin seul. Nous avons associé à notre exposition, des amis africains pour montrer au monde entier, notre solidarité. Nous venons de clouer le bec à tous ceux qui pensent que les Africains sont désunis.

Trois (3) questions à Germain Lanha, organisateur de lexposition

Si on vous demande d’apprécier ce qui se passe du côté du Palais de la République ?

Je suis vraiment fan de ce qui se passe au Palais de la République. Je suis d’accord avec ce qui se passe aujourd’hui parce que c’est la première fois on entend qu’un président organise une exposition pour les artistes. On en a jamais entendu  auparavant. Du coup, c’est une fête. Avec ma famille, et surtout avec ma mère qui est d’une famille royale à Abomey et qui n’a pas vu ce trône, je pense l’amener pour qu’elle puisse aller voir avec ses propres yeux, ces œuvres. Ces trésors royaux qui viennent de son village en réalité. Mais ce que je déplore, c’est qu’à chaque fois qu’il y a une festivité culturelle, c’est Cotonou qui est retenu. C’est à croire que Cotonou constitue la seule ville du Bénin. J’ai la conviction que ça va changer. La jeunesse fera ce qu’elle peut. Félicitations en tout cas à l’Etat Beninois pour cette exposition.

Lanha avec son exposition à Abomey-Calavi et dans une autre exposition à la plage. Il faut être “No Rules” pour le faire?

J’adore ce métier. Je suis heureux de travailler sur deux expositions sans aucune pression. Au départ, c’est dûr, mais aujourd’hui je suis tranquille. Le fait d’avoir un thématique est un plus pour le Bénin, un plus pour l’Afrique. Plus je travaille, plus je me rends compte que je ne travaille pas pour moi, mais plus pour le continent. Je suis heureux de vivre tout ça sans aucune pression. C’est un devoir que je dois accomplir. Comparativement aux expositions précédentes, je suis plus libre, je suis plus dégagé.  Nous avons assez de choses en vue pour le compte de notre galerie cette année.

Vanessa Gaslene Manta, artiste-plasticienne qui réside au Congo-Brazzaville

“Avec cette exposition, c’est l’Afrique qui gagne”

Je suis à Cotonou pour une rencontre artistique. L’occasion m’est donné de collaborer avec des artistes qui expose pour la thématique “Désillusion”. Je présente la traumatophobie comme travail puisque j’ai été traumatisée à trois reprises au Congo Brazzaville et c’est à partir de là que j’ai été touchée. Je me suis rendu au lieu de ses gangs là pour parler de ce qu’ils font, de la cause de leurs actes et trouver des solutions qui puissent me guérir de ce phénomène. 

Sur mon tableau qui accueille d’ailleurs les visiteurs qui entrent dans la galerie, vous allez voir les mots qu’utilisent les gangs. Nous avons plusieurs types de gangs. Je suis heureuse de partager mes tableaux avec les Béninois. Le Benin est un pays qui m’intrigue. Quand je suis venu, j’ai eu l’idée de résider. C’est un pays rempli de culture. Mon objectif était d’avoir son espace et cela me pousse à réveiller et revenir ici pour faire de grands projets. Avec cette exposition, c’est l’Afrique qui gagne.

La Nouvelle GAZETTE

Gabin ASSOGBA